dimanche 1 juin 2008

CA PEUT VOUS ARRIVER

Je vais commencer par vous raconter une histoire. Une petite histoire dans la grande histoire que je vous ai déjà narrée ici il y a quelques jours de ma victoire dans le tournoi intermédiaire d’hiver du Palm Beach de Cannes. Dans ce tableau, je me sentais assez favori même si mon jeu était à l’époque encore plus approximatif qu’aujourd’hui. Mais je sentais que celui des autres était encore plus hésitant. Notamment celui de Catherine Pascal, une joueuse cannoise que je ne connaissais pas encore à l’époque. Lorsque je m’aperçois que la demi-finale va nous opposer, je ne suis pas plus inquiet que ça. Une demi-heure plus tard, je mène 9-2 dans un match en 11. Mes amis partent diner en bande et je leur annonce mon arrivée pour dans quelques minutes si tout va bien. Nous arriverons à table, Catherine et moi, quelque deux heures plus tard. Et sans un six et as miracle, dans l’ultime partie d’un duel qui ne voulait plus finir, je passais à la trappe. Tout ça, non pas pour vous dire qu’au backgammon ce n’est jamais fini, vous le savez déjà, mais pour vous affirmer pour l’avoir vécu que, face à Catherine, il faut toujours se méfier. Sa connexion avec les Dieux compense largement les fautes qu’elle peut commettre. Et il faut suer sang et eau pour s’en sortir. Quand on s’en sort…


Catherine a éberlué son monde

Constantin Mezadourian n’a pas fait mieux que ses prédécesseurs dans ce tournoi. Devant l’écran, c’étaient commentaires et fous rires. A chaque fois que Catherine se mettait en danger, on prédisait le double salvateur. A chaque fois, le double salvateur arrivait à point nommé. Et elle l’a terrassé. Podium assuré, tout comme le prix des dames l’était depuis longtemps déjà. Hélas, la marche suivante fut trop haute. Jürgen Orlowski est très solide. L’Allemand, vainqueur de François Tardieu en finale, l’an dernier, à Saint-Amand -les-Eaux, n’a pas eu la vie plus facile que les autres mais il s’est imposé 17-12. Bravo à lui, il fera un très beau finaliste. Mais un très grand coup de chapeau à Catherine Pascal. Elle a défié toutes les statistiques et éberlué le monde entier du backgammon réuni ce week-end à Juan-les-Pins. Ils n’ont eu de cesse de nous questionner sur elle. Elle s’est fait un nom. Et elle est bien la preuve que personne n’est à l’abri d’un exploit dans ce jeu de malades. Attention, ça pourrait bien un jour vous arriver ! A moi aussi ? Non, faut pas déconner quand même. Y’a des limites…


Peut-être l’année Andy Bell

Au fait, il y aura quand même un autre finaliste. Il aurait pu être allemand lui aussi. D’ailleurs, lorsque Götz Hildsberg se profile dans les derniers tours, il fait souvent figure d’épouvantail. Mais l’Anglais Andy Bell est en grande forme. Chaque saison nous révèle un joueur. Götz a été celui-là l’an dernier. C’est peut-être l’année Andy Bell. Rendez-vous est donc pris en finale. On regrettera qu’après avoir placé quatre joueurs en quarts de finale, la délégation française soit absente du dernier combat. Tant pis. Heureusement que Roland-Garros nous en offre cinq parmi les seize derniers. Feront-ils mieux qu’ici ? Souhaitons-le. Dans la consolation, Thierry Manouck ira encore chercher un prix. Il est toujours là, aux places d’honneur. En demi-finale, il sera opposé au Britannique Jansari. Rzymann et Lagopatis iront chercher le second ticket pour la finale.



Traditionnelle défaite

Samedi est aussi jour du traditionnel double consultation. Jour aussi de traditionnelle défaite au premier tour pour la paire Babillon-Stepler. Y arrivera-t-on un jour ? Je n’en sais rien. J’en ai marre. Voilà, c’est dit. Mais comme je ne sais pas qui est le plus noir des deux, je cherche encore la solution. Uli Koch et Ed O’Laughlin, paire germano-américaine, a su, elle, trouver le chemin qui mène à la finale. Ils seront rejoints par les Italiens Braconi et Lo Surdo ou la paire franco-portugaise Semour-Sequeira. Ce sera dans l’après-midi, après le last chance. Promis, pour une fois, je ne vous annonce rien pour dimanche. Je suis tellement incapable de tenir mes promesses qu’il vaut mieux que j’arrête d’en faire. Il n’y a guère que le blitz qui continue à me sourire. Enfin presque. Il m’aura tout de même fallu trois inscriptions pour parvenir en finale… et m’y faire battre par Chris Ternel. Tout se perd j’vous dis, même le respect des seigneurs de la vitesse. Foutue époque. Allez, à demain…

Franck STEPLER